La commune de Pennes-le-Sec s’étend de part et d’autre de la puissante arête de calcaire tithonique qui lui a donné son nom : en langage ligure, avant même les Gaulois, la Penna désignait une hauteur pointue. Au nord de cette épine dorsale, elle déborde sur la petite vallée de Bramevache. De l’autre côté, elle occupe les pentes septentrionales de l’amphithéâtre d’Aucelon.

La tradition place un château perché sur le rocher de Saint-Michel, mais le village s’est établi plus bas, sur un replat aride qui vaudra à la commune de recevoir en 1920 le nom de Pennes-le-Sec. Sous l’ancien régime, la communauté portait le nom de Pennes- sur-B arnave, ce qui montre bien les liens privilégiés qu’elle avait, jusqu’à l’ouverture de la route vers la Roanne, avec la combe de Die. D’ailleurs les habitants de Barnave possédaient, au 16e siècle, le droit « de paquerage et de bûcherage au terroir de Pennes », moyennant une redevance annuelle de 11 florins.
Ce village était construit autour d’une église, citée dès 1275 et dédiée à sainte Madeleine. Il était le centre d’un fief relevant de l’évêque de Die et dont les seigneurs successifs furent les Janin, les Lers et, après 1666, les Vivier. En 1540, Charles Janin percevait au mandement de Pennes diverses redevances en froment et en seigle, sans oublier six sous et trente poules. En 1644, la communauté ne comptait que 12 familles, 8 protestantes et 4 catholiques.


Pennes poursuit sa vie tranquille jusqu’au milieu du 20e siècle, perdant peu à peu sa population et ses activités. En 1946 la commune ne compte plus que 6 habitants dont 5 vieillards. L’église et la plus grande partie des maisons tombent en ruine.C’est alors qu’intervient Charles Piot, grenoblois négociant en pneus. Il rachète plus de 400 hectares, installe à Pennes le siège de sa société et y paie donc les impôts locaux. Devenu maire, il attire de nouveaux habitants, en particulier des Italiens qui cultivent la lavande et élèvent des moutons.
Il entreprend la construction d’un village modèle avec mairie, école, salle des fêtes, restaurant, temple protestant, église... La population remonte à une cinquantaine d’habitants, qui disposent bientôt de l’eau potable captée au fond de la vallée et d’une route rejoignant la Roanne, payée sur les propres fonds de Charles Piot.Cette expérience unique vaut à Pennes-le-Sec une fugace célébrité nationale, qui s’exprime dans de nombreux articles de presse ou dans les émissions de Pierre Bonte.

Superficie : 892 ha
Population
1990 :12
1982 :24
1831 :124 (maxi)
Résidences
principales : 5
Résidences secondaires : 4
Une seule Exploitation agricole (élevage de moutons et de chèvres)
Activité: auberge, gîtes, mini-camping
(1) La Roche Percée : trou naturel dans la barre rocheuse; selon la légende
il aurait été ouvert par un "moine" (petite boulette d'herbes roues)
lancé trop mollement par une femme de Pennes à son amie de Rimon!
(2)
Rocher de Saint-Michel : roches relevées à la vertical,
futur site d'escalade.
(3)
Quartier du Clos : emplacement du moulin alimenté
autrefois par les eaux de la Roanne- un deuxième moulin existait dans la vallée
d'Aucelon.
(4)
Village de Pennes-le-Sec, reconstruit
dans les années 1950- tour de la caserne des pompiers- four communal- piscine-
sur la place. buste de Chattes Piot (1904-1980), élévé en 1981.
(5)
Ruines du hameau dos Rataux.
Pour en savoir plus. Les Préalpes drômoises, un problème de vie ou de mort, Valence, Céas, 1953, p. 140-144.
Photographie livre: Jean-Noël Couriol
Photographie
site internet: Fabrice Blache
Couverture: Pradelle, 1995, photographie de Jacques Dujet